COTE DES 8OMALI8
PAH
Paul ROUBAUD
Suivre le développement de notre protectorat de la côte des Somalis durant les cinq dernières années équivaut à faire l’historique complet de notre jeune colonie.
Si, en effet, notre établissement officiel à Obock remonte au 11 mars 1862, date à laquelle notre ministre des Affaires étrangères, M. Thouvenel, acquit pour une somme de 10.000 thalers (soit 50 mille 500 francs) les ports, rade et mouillage d’Obock et le territoire compris entre le ras Aby et le ras Douineirah, ce n’est que beaucoup plus lard (pie la France utilisa cette nouvelle possession.
Nous ne nous y sommes établis, en effet, qu’en 1883-1885, au moment de la guerre franco-chinoise pour installer à Obock un poste (le ravitaillement pour nos bâtiments de guerre. M. Léonce Lagarde, le premier gouverneur, y déploya une grande activité et tira de notre colonie le meilleur parti possible, mais il ne tarda pas à se rendre compte, au bout de quelques années, qu’Obock était un port sans valeur commerciale, alors qu’en face, de l’autre côté du golfe de Tadjourali, se trouvait une rade fréquentée par les boulres arabes et où aboutissait un chemin conduisant directement au Harrar : c’était Djibouti, qu’un accord anglo-français nous donnait en 1888 avec un territoire s’étendant 25 kilomètres vers l’Est.
Les débuts de la ville furent modestes. Elle se composa tout (1 abord d’une réunion de quelques paillottes indigènes auxquelles