AFRIQUE OCCIDENTALE
COTE DIYOIRE
PAU
Roger GASQUET
Nous occupons depuis 1891 Loule la cùle, comprise entre le Liberia et la côte de l’Or. Une série d’explorations méthodiques nous a permis de sillonner le pays en tous sens et de le rattacher à nos autres colonies de l’Afrique occidentale. A la période d’organisation a succédé celle de la mise en valeur et, grâce à l'impulsion qui lui a été donnée par M. Binger, la Côte d’ivoire constitue aujourd’hui l'une des parties les plus intéressantes de notre domaine colonial africain.
L’attention du public s’est portée sur la Côte d’ivoire plus lard que sur nos autres possessions d’Afrique, quoique peu de nos colonies semblent promettre un aussi brillant avenir : les difficultés d’une barre souvent dangereuse, l’insalubrité des lagunes qui bordent les rivages de l'Océan sur loule la partie orientale, la multiplicité et la diversité des peuplades sans lien commun, des cours d’eau où la navigation ne peut remonter qu’à peu de kilomètres de la mer, et par dessus tout l'impénétrabilité de la forêt tropicale, toutes ces causes ont longtemps rebuté les commerçants peu soucieux de s’exposer eux et leurs biens dans des contrées où les explorateurs eux-mêmes n’avaient pas toujours été heureux.
Le pays est cependant riche et fertile : on y trouve le caoutchouc, les bois précieux, les palmiers à huile, les cocotiers, l’arbre à kola. Cette végétation merveilleuse, qui fait sa richesse, s’oppose à son