AFRIQUE OCCIDENTALE
DAHOMEY
PAR
J.-B. S AM AT
I
LES INDIGÈNES
Le Dahoméen et la domination française. — C'est une erreur funeste de croire qu’une colonie naissante doit être une mine inépuisable dès le lendemain de la conquête. Un peu de réflexion fera comprendre la fragilité d’une pareille illusion : le pays vieilL de passer par les affres de la guerre et par des périodes troublées, il faut lui laisser le temps de panser ses blessures, avant qu’il puisse revenir à son activité économique et prendre confiance en son nouveau maître.
C’est ainsi que le Dahomey est resté quelques années dans une espèce d’assoupissement; l’indigène se recueillait, se méfiait. Ce n’est que lorsqu’il a compris qu’il n’avait rien à redouter de nous qu’il a repris sa vie noniiale ; il est ainsi sorti peu à peu de son isolement, de sa réserve; il est venu à nous, et aujourd’hui, où toute contrainte
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