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L’AD MINIS TM ATI O N
Conférence consultative. — Les principaux rouages du gouvernement tunisien, tels que nous les avons décrits au commencement de celle étude, sont restés les mêmes; mais la conférence consultative, organisée par arrêté du 22 février 18%, a été modifiée par arrêté du 2 janvier 1905, à la suite de demandes formées par la colonie française et après étude de la question au cours de l’année 1Ö04. C’était une assemblée — consultative, comme l'indique son nom — représentant les intérêts réels des Français en Tunisie, que les réformes douanières de 1890 avaient fait naître et qui était composée de délégués de la Chambre de Commerce, des Municipalités, du Syndicat des viticulteurs, des Associations agricoles reconnues, de la Chambre d’agriculture de Tunis, des Chambres mixtes du Centre et du Sud. Le Gouvernement estimait utile de prendre l’avis de gens éclairés, mais il ne croyait pas pouvoir donner d’attributions politiques à un corps issu d’une minorité numérique.
Il y avait bien toutefois dans l’organisation adoptée une première lacune que l’on essaya de combler en 1897 ; les groupements que nous venons de mentionner ne comprenaient pas tous les Français de la Tunisie, et notamment les professions libérales ou manuelles n’étaient pas représentées. On appela donc des délégués d’un troisième collège électoral; mais alors la composition de la commission consultative apparut un peu trop hétérogène ; des divisions assez graves naquirent entre ses membres, et l’on dut songer à unifier le mode d’élection.
Pour éviter la lutte de classes, on fractionna la Régence, non plus en corporations, mais en circonscriptions électorales qui sont au