I
LES INDIGÈNES
On désigne par celle appellation générale d'indigènes Ions ceux qui se trouvaient en Algérie en 18110, eux et leurs descendants. Parmi les musulmans, un très petit nombre se sont fait naturaliser français individuellement, les autres forment une masse compacte que leurs croyances et leur religion séparent du reste de la population. Quant aux israélites, ils ont été naturalisés en bloc par le décret du gouvernement de Tours du 24 octobre 1870; nous en parlerons dans la seconde partie de ce travail. Il ne sera donc question ici que des musulmans.
C’est, au point de vue numérique, la partie de beaucoup la plus importante de la population algérienne. D’après le recensement de 1001, sur un total de 4.730.881 habitants, on compte 4.072.080 indigènes ; ce qui donne pour 10.000 habitants une proportion de 8 502 indigènes; les 1.408 autres, comprennent 55 musulmans originaires du Maroc ou de la Tunisie, 121 israélites naturalisés, et 1.232 Européens, dont 769 Français et 463 étrangers. Pour parler plus clairement encore, les Français ne sont en Algérie que dans la proportion de un contre douze indigènes, et ceux-ci forment à peu près les quatre-vingt-six centièmes de la population totale.
Mais cette masse considérable est loin d’être homogène; elle renferme au contraire des hommes bien différents de type, de mœurs, d’origine, de race même et de couleur. On distingue parmi eux deux grandes races, les berbères et les Arabes, et trois groupes secondaires, les Maures ou Hadars, les Coulourlis et les Nègres.-