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T. 1 (1906) Préface et introducton, Algérie, Tunisie / Paul Masson ...
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I

T,ES INDIGENES

La Tunisie, au contraire de lAlgérie, na jamais eu de recense­ment régulier, du moins en ce qui concerne la population indigène.

Dans les pays musulmans, il est, en effet, impossible à un étranger, même investi dune fonction officielle, de pénétrer à linté­rieur des familles, qui restent ainsi fermées à toutes les investiga­tions. Le musulman ne veut faire connaître ni le nombre de ses femmes, ni le nombre de ses enfants ou des personnes qui lui sont soumises (lesclavage familial existe encore en Tunisie).

En Algérie, grâce à une conquête déjà ancienne, à une organisa­tion bien homogène, la France sait d'une façon à peu près exacte, quel est le nombre de ses sujets ; mais il en est tout autrement en Tunisie, traditions et vieilles coutumes sont conservées avec un soin jaloux. On évalue le nombre total des indigènes à 1.500.000,

La statistique générale de la Tunisie pour lannée 1904 donne létat suivant des imposés à la Medjba (voir le tableau à la page suivante).

En admettant que chaque famille compte quatre membres (homme, femmes, enfants); en ajoutant dautre part, le nombre des exemptés, soit environ 400,000, on arrive par celte voie au chiffre approximatif de 1.500.000 que nous indiquons plus haut.

Ces indigènes appartiennent à deux races: 1° les Arabes, habitant particulièrement les villes et les plaines du pourtour ou vivant en nomades dans le Sud ; 2° les Berbères habitant les régions montueuses et file de Djerba ; populations distinctes dorigine et de traditions, mais unies par la communauté de la religion et des intérêts, tous hostiles au chrétien dont ils nacceptent pas les bienfaits sans le mépriser au fond et sans espérer quils seront un jour délivrés de sa présence.