COLONISATION
LA
La population coloniale de l’Algérie se compose des huropéens que l'immigration y a introduits depuis la conquête et qui se divisent en deux groupes d'importance numérique presque égale : les Français proprement dits, et les Etrangers comprenant en majeure partie des riverains de la Méditerranée occidentale, Maltais, Italiens, Espagnols.
A côté de ces deux groupes nous en placerons un troisième, les Israélites, qui sont indigènes en ce sens qu’eux ou leurs pères se trouvaient en Algérie en 18110, mais qui ont été reconnus citoyens français par le décret du 24 octobre 1870.
Ces trois groupes, Français, Etrangers, Israélites, forment, d’après le recensement de 1901, un total de 641.295 habitants, et représentent à peu près un septième de la population totale ; comparativement aux musulmans, ils ne sont pas tout à fait dans la proportion de un contre six ; sur lO.UOÜ habitants, il y en a 8.649 musulmans, y compris les Tunisiens et les Marocains, et 1.358 Européens ou Israélites
Progrès du peuplement français et européen. — A ne regarder que les chiffres fournis par les statistiques, le nombre des Français établis en Algérie aurait plus que doublé en vingt-cinq ans, de 1876à 1901, passant de 155.727 à 864.257. Mais il ne faudrait pas croire que tous ceux que le dernier recensement qualifie Français soient ou originaires de la métropole ou nés de parents originaires de la métropole. Un bon nombre sont des Etrangers naturalisés individuellement en vertu du sénalus-consulle de 1865 ou automatiquement en vertu de la loi de 1889. De 1896 à I960, le chiffre total des naturalisa-