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égal qu'il y eût 30 à 50 malades par jour ou autant à „crever", mais que dans tous les cas il n'en fallait pas tout que cela sur la liste, car Bonnet ne le souffrirait pas . . . Bonnet me fit appeler, et me répéta qu'il n'y avait aucun malade à bord, et qu'il me ferait mettre impitoyablement en prison si la liste des malades ne devenait pas plus courte.
Signé: D r C. Bergeat, Médecin-major des troupes coloniales allemandes de Cameroun, actuellement à Berchtesgaden, le 23 novembre 1916.
Conclusion.
Ces rapports sont suffisamment éloquents par eux-mêmes. Le tableau qu'ils tracent du sort des Allemands tombés en captivité aux mains des Anglais et des Français est si effroyable, qu'il est superflu de vouloir stigmatiser une fois de plus la conduite des autorités militaires et civiles anglaises et françaises. Mais ce qu'il importe de faire encore ressortir, c'est l'esprit qui a inspiré cette conduite. Les crimes commis en Afrique n'ont point l'excuse de l'enivrement ni de la fureur du combat.
De même, aucune déclaration ni aucune explication après coup des gouvernements de l'entente ne pourra rien changer en quoi que ce soit aux images qui se déroulent ici. Les relations ont été faites sous la foi du serment; elles ne contiennent que des faits.
Nous terminerons cet exposé douloureux d'un des chapitres les plus, sombres de l'histoire de l'humanité en reproduisant les paroles qui forment la conclusion du Viscount Bryce dans son recueil des dépositions de témoins non assermentés:
,,Nous avons terminé notre tâche, ayant recueilli les dépositions des témoins; mais qu'on nous permettre d'exprimer ici