— 42 -
leurs intestinales. Toutes nos plaintes auprès du capitaine demeurèrent sans résultat; il promit de mettre ordre à cet état de choses, fit même appeler le premier steward, mais celui-ci ne modifia en rien ses manières d'agir ....
Signé: Ernest Quantz.
III. La conduite des Français.
1. Envers les femmes.
Berlin, le 13 décembre 1915.
A l'audience fixée pour l'audition du témoin, a comparu sur citation le docteur Leuze, pharmacien, lequel, après avoir été avisé de l'importance du serment et avoir été informé de l'objet de l'enquête, a été entendu.
Identité du témoin: Wilhelm Leuze, né à Stuttgart le 12 mai 1877, confession évangélique, pharmacien de l 6re classe, domicilié à Berlin-Sehöneberg, Eosenheimerstrasse, 6.
Déposition du témoin: Le 16 octobre, trois ménages furent conduits de Porto Novo à Savé. Pour le trajet, d'une centaine de pas environ, ils furent escortés, même les dames, par des Sénégalais, baïonnette au canon, et conduits par un sous-officier européen, jusqu'au quai de débarquement de la lagune, et de là emmenés à Cotonou dans un canot à découvert, bien que ce fût la saison des pluies. Le livre d'ordres stipulait ce jour-là: „Toute femme qui dès maintenant demandera une meilleure nourriture, sera transférée à l'hôpital où elle suivra un régime conforme à l'état de sa santé; les hommes pourront visiter leurs femmes à l'hôpital tous les dimanches entre 3 et 4 heures." Mais nous eûmes de plus en plus nettement la sensation que les Français faisaient tout pour séparer entre eux les gens mariés. Madame la baronne Codelli, à la veille d'accoucher, et qui n'avait cessé de demander une meilleure nourriture, fut avisée ce jour-là par le commandant qu'elle pourrait prélever 3 francs 50 cen-