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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LOYALISME COLONIAL

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sujets, voulant la prospérité, la gloire de leur pays, bonheur dont jouissent déjà les Espagnols d’Espagne.

« M. de Lamanon ne restera que trois ou quatre jours dans chaque endroit désigné dans les instruction N° 1, excepté à Carthagène où il pourra rester quelques jours de plus et se ravitailler pour faire son retour en Europe avec le plus de prudence possible_

« Il sentira la nécessité de précéder les Anglais dans les rapports qui pourraient avoir été faits par eux sur ces grands événements et mettra la plus grande célérité dans sa mission.

« La confiance que j’ai en M. Paul de Lamanon m’a déterminé à lui confier cette importante mission. Sans collaborateur, il sentira la nécessité de la remplir avec exactitude, sagesse et prudence, surtout avec célérité. Il me sera bien agréable d’apprendre son arrivée en Europe, que son voyage aye rempli les vues de notre Auguste Empereur et qu’il lui aye donné les marques de sa haute satisfaction 1 . »

Y

Pendant que les navires portant les émissaires de l’Empereur cinglaient à toutes voiles vers le continent américain, on y était encore dans l’ignorance des ré­cents événements d’Europe. La mutinerie d’Aranjuez et l’avènement de Ferdinand VII au sujet duquel on ne possédait, au demeurant, que d’incertains détails, étaient les dernières nouvelles qui fussent parvenues aux Colonies.

Un aide de camp de D. Juan Manuel de Cajigal 2 * commandant de Cumana, était cependant arrivé à

1. Instructions de M. Victor Hugues, officier de la Légion d’Honneur, Commissaire de Sa Majesté Impériale et Royale, Commandant en chef à la Guiane Française. Cayenne, le 5 juillet 1808. — Arch, de la Marine, DR 4 274.

2. Précédemment gouverneur de Cuba où il avait été, nous l’avons

vu, le protecteur et l'ami de Miranda.