CHAPITRE II
LOYALISME COLONIAL
I
En débarquant à New-York, le 4 novembre 1805, Miranda dut se persuader que la politique des Etats- Unis se prêtait moins encore à ses projets qu’il ne l’avait espéré. La presse continuait à publier des articles contre l’Espagne et l’on pouvait prévoir que le message du président, à l’ouverture prochaine du Congrès, contiendrait des passages belliqueux. Mais ce ne devait plus être que par manière de concession aux sentiments d’une opinion publique en voie d’apaisement. Le gouvernement fédéral et la cour de Madrid s’apprêtaient en réalité à renouer la paix. Miranda, instruit de cette situation, n’avait pas un instant à perdre.
Un de ses anciens amis, le colonel William Smith, gendre du président Adams, dont il avait fait la connaissance à Londres, en 1785, à la légation des Etats- Unis et qu’il retrouvait inspecteur général des douanes de New-S'ork, s’oll'rit à le seconder. Il le mit en relation avec un riche armateur, Samuel Ogden, qui promit de fournil 1 des navires. Miranda chargea son secrétaire Mollini et un émigré frânçais qui l’avait accompagné)