LIVRE II
LE PRÉCURSEUR
CHAPITRE PREMIER
MIRANDA
I
Bolivar quitta Rome en septembre 1805 et vint à Naples où il demeura plusieurs mois. Il se ressentait des surmenages de l’année précédente et, malgré son impatience de rentrer au Vénézuéla, c’est seulement à la fin de mai 180(5 qu’il lui fut loisible de songer au retour.
Il se rendit alors à Paris, d’une seule traite, avec Rodriguez. Fanny, avertie des résolutions de son cousin qu’elle avait tant exhorté naguère à s’engager dans une carrière glorieuse dont ce départ devait marquer le début, se désolait à considérer la séparation si prochaine. Elle supplia Bolivar d’en différer l’échéance. Ce fut en vain. Comme elle le lui dira plus tard : « L’amour de la patrie s’était emparé de tout votre être et déjà vous ne m’apparteniez plus 1 . »
1. Lettre de Mme du Villars au Libertador. Paris, 6 avril 1826. O’Leary, Uoc., t. XII, p. 293.