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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LE PRÉCURSEUR

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dernières guerres avaient si redoutablement grevé le trésor anglais que les regards se portèrent une fois de plus vers cette Amérique toujours merveilleuse. Les mines de la Nouvelle-Espagne étaient assez riches pour sauver lAngleterre de la ruine. Le projet darracher le Mexique à sa métropole fut envisagé comme un expé­dient providentiel. Grenville résolut de rassembler dix mille hommes à la Jamaïque et de les envoyer à la con­quête du vice-royaume sous les ordres dArthur Wel­lesley 1 . Le duc de Portland et Canning, secrétaire à la guerre, tinrent, au printemps de 1808. des conférences avec Miranda au sujet de cette expédition queloncon- tinuait dorganiser à Cork. Il fut un moment question de la diriger sur les côtes de Caracas 2 .

Mais elle reçut tout à coup une autre destination et sir Arthur Wellesley, au lieu de cingler vers lAmé­rique, partit le 12 juillet pour lEspagne venait déclater la guerre fameuse qui allait marquer pour le Nouveau Monde le début dune crise décisive.

IV

Napoléon paraissait être parvenu à Tilsit au faîte de la puissance et de la gloire. Son ambition sétait pourtant assigné un champ plus vaste encore. Len­chaînement inéluctable des mesures auxquelles lEm­pereur devait recourir sans cesse afin de réduire à merci « le plus puissant, le plus constant » sinon « le plus généreux de ses ennemis », lentraînait, au commencement de 1808, dans la désastreuse « af­faire dEspagne » d devait dater le déclin de son étoile.

Le blocus de lAngleterre, « combinaison colossale » qui sétait substituée dans lesprit de Napoléon à lim­mense projet maritime de 1804 et de 1805 3 , impli-

1. Duc nF. Wellington, en 1769, mort en 1852.

2. Record Office, Foreign Office. Spain. V. 105.

3. V. Sorel, L'Europe et la dévolution, t. VII, ch. II.