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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LOYALISME COLONIAL

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quérir ou de subjuguer notre Amérique, étaient bien fondées et à voir repousser avec tant d’héroïsme une si odieuse entreprise 1 . »

III

C’est à Caracas que, dès la fin de 1807, le foyer révo­lutionnaire se rallumait avec le plus d’ardeur. Les dé­clarations de Miranda, dans ses proclamations de Coro, rassurèrent les libéraux de la capitale vénézuélienne et le retourde Bolivar affermit leur courage. Mêlésàla foule indifférente, ils avaient assisté sur la grand’place de Ca­racas, à l’exécution en effigie de Miranda dont les pro­clamations furent aussi brûlées par la main du bourreau et la tête mise à prix. Il eût été désastreux et stérile pour les créoles demeurés fidèles à la cause indépen­dante, de témoigner ouvertement de l’indignation qu’ils éprouvaient devant ces mesures de rigueur. Le capitaine général, en prévision d’un retour offensif de Miranda était parvenu à mobiliser près de 8.000 hommes de troupes, il recevait aussi de la Guadeloupe d’importants renforts en armes et en munit ions de guerre, et la moindre manifestation aurait valu aux imprudents qui s’en fus­sent rendus coupables un châtiment terrible et sans éclat.

Les libéraux en étaient donc réduits à se concerter dans l’ombre sur les moyens de regagner quelque pres­tige auprès des populations, de jour en jour, hélas, plus attachées à l’Espagne. Ils se réunissaient, autant que le permettait la vigilance du gouverneur, et continuaient à demander à la lecture et au commentaire des philo­sophes et des classiques l’aliment de celte patience qui leur était si nécessaire et du feu sacré qui les ani­mait. Les conciliabules avaient lieu communément chez Bolivar. Son frère Juan Vicenle, les Toro, IJ. Joséf

1. 20 juillet 1S0S, Archives de tAudience de Huenns-Aijres. — Mitre, ilislnria de San Martin, op. cit., t. I, p. 50. Les copies de cette lettre furent envoyées, le 24 juillet 1808 à Mexico, et le l" septembre 5 Ca­racas. Les minutes sont au H. O. Foreign Office. Spain, vol. 80.