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LA COLONISATION
Peuplement français et européen. — La vie est très difficile à Tahiti pour l’immigrant français. S’il reste en ville, l’existence est fort coûteuse, sans que les bénéfices à espérer fournissent une contrepartie équitable. S’il achète un domaine rural, le manque de main- d’œuvre l’oblige à un labeur personnel aussi pénible que dans la métropole, et ce n’est pas ce qu’on va chercher aux colonies. L’Etal ne dispose d’aucun domaine public, et le sol appartient aux indigènes ou aux compagnies en général étrangères qui en ont acquis des lots à beaux deniers comptants.
En 1900, on a fait pourtant appel à l’immigration nationale. La Caisse Agricole de Tahiti a acheté sur les 4.000 hectares du domaine d’Atimaono, une section comportant 150 hectares de terres cultivables et 20 de pâturages. Elle l’a répartie en vingt-et-une concessions, mises en vente au prix d’abord de 350, puis de 400 francs l’hectare, payable en dix ans. La possession d’une somme de 7.000 francs, réduite ensuite à (500 francs par hectare acquis, était tout d’abord exigée des candidats à la propriété, aussi rigoureusement que la qualité de citoyen français. Deux familles se présentèrent et s’établirent tout de suite, mais aucun document n’a pu nous apprendre ce qu’il est advenu des dix-neuf domaines restants.
En 1902, la Chambre d’Agriculture a demandé au gouvernement l’autorisation de faire appel à la main-d’œuvre chinoise, garantissant aux Célestes une journée de 2 francs à 2 fr. 20, suivant les aptitudes ; on voit l’énorme différence qui existe entre leurs besoins et les nôtres,