NOUVELLE CALÉDONIE ET DÉPENDANCES
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LES INDIGÈNES
La race papou, très peu mélangée d’éléments polynésiens, qui peuple la Grande Terre et ses satellites, n’a jamais montré beaucoup d’aptitude à se dégager à notre contact, de la barbarie où elle croupit misérablement. Décimée par de nombreux fléaux, en partie d’importation récente, elle disparaît presque à vue d’œil, l’excédant des décès sur les naissances étant six lois plus fort que dans les départements métropolitains les plus mal notés à cet égard.
Des mesures ont été prises dans l'intérêt de sa conservation, telles que la création (1904) de médecins de colonisation, et l'interdiction de la vente de l'alcool aux natifs (1903); il est aussi question de multiplier les léproseries. Si ces précautions font honneur aux sentiments humanitaires de nos gouvernants, elles ne semblent pas devoir atteindre leur but, car les médecins seront toujours trop peu nombreux (1) et pendant bien des années encore, la tourbe des libérés vendra en cachette la boisson interdite — quand même l’élément honnête s’abstiendrait totalement de celte source de profits.
Il est vrai que les nombreux missionnaires de la Nouvelle-Calé-
(1) Deux, eu 1S)05.