Druckschrift 
Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
Entstehung
Seite
387
Einzelbild herunterladen
 

I.A PREMIÈRE RÉPUBLIQUE DU VENEZUELA

387

V

Pendant que Bolivar rejoignait à eontre-cœur ce poste de Puerto-Cabello quil envisageait à légal dune disgrâce, Miranda se hâtait pour gagner Valencia. Avant de quitter la ville fédérale, il avait pris, nous lavons constaté, les précautions nécessaires et pourvu le colonel Ustaritz dinstructions précises : la place paraissait à lahri de toute surprise. Cependant les récents progrès de Monteverde, ce que lon savait de sa hardiesse et ce que lon disait surtout de létat desprit de la population, alarmaient le généralissime. Il lui tardait de concentrer au plus tôt ses forces dans Valencia et dy pouvoir attendre le commandant espa­gnol de pied ferme. Du hameau de LasLajas que létat- major et lavant-garde des républicains atteignirent dans la soirée du 1 er mai, Miranda expédia un courrier à Ustaritz lui prescrivant de tenir jusquà son arrivée. Le bruit sétant répandu île la retraite des défenseurs de Valencia à lannonce de lapproche des Espagnols: « Faites savoir au colonel Ustaritz, insista Miranda, quil me répond de la place, sur sa tête. Si Monteverde est à Valencia, il faut len déloger à tout prix. »

Quatre jours plus tard, le 5 mai, Miranda rejoignait, au village de Guâcara, à environ six lieues de la capi­tale fédérale, les débris de la petite colonne du vaillant Ustaritz. Il apprenait comment le 30 avril, la garnison indépendante, réduite par la désertion à une poignée dhommes, avait se retirer devant l'envahisseur, comment Monteverde avait pris possession de Valencia parmi les transports de joie des habitants, comment enfin Ustaritz, recevant à La Cabrera les derniers ordres envoyés, venait de tenter un suprême effort pour disputer inutilement aux Espagnols une victoire quil semblait désormais presque impossible de leur arracher. Larmée républicaine sassemblait toutefois. Le 8mai, deux bataillons dinfanterie de ligne et sept de