I.A PREMIÈRE RÉPUBLIQUE DU VENEZUELA
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V
Pendant que Bolivar rejoignait à eontre-cœur ce poste de Puerto-Cabello qu’il envisageait à l’égal d’une disgrâce, Miranda se hâtait pour gagner Valencia. Avant de quitter la ville fédérale, il avait pris, nous l’avons constaté, les précautions nécessaires et pourvu le colonel Ustaritz d’instructions précises : la place paraissait à l’ahri de toute surprise. Cependant les récents progrès de Monteverde, ce que l’on savait de sa hardiesse et ce que l’on disait surtout de l’état d’esprit de la population, alarmaient le généralissime. Il lui tardait de concentrer au plus tôt ses forces dans Valencia et d’y pouvoir attendre le commandant espagnol de pied ferme. Du hameau de LasLajas que l’état- major et l’avant-garde des républicains atteignirent dans la soirée du 1 er mai, Miranda expédia un courrier à Ustaritz lui prescrivant de tenir jusqu’à son arrivée. Le bruit s’étant répandu île la retraite des défenseurs de Valencia à l’annonce de l’approche des Espagnols: « Faites savoir au colonel Ustaritz, insista Miranda, qu’il me répond de la place, sur sa tête. Si Monteverde est à Valencia, il faut l’en déloger à tout prix. »
Quatre jours plus tard, le 5 mai, Miranda rejoignait, au village de Guâcara, à environ six lieues de la capitale fédérale, les débris de la petite colonne du vaillant Ustaritz. Il apprenait comment le 30 avril, la garnison indépendante, réduite par la désertion à une poignée d’hommes, avait dû se retirer devant l'envahisseur, comment Monteverde avait pris possession de Valencia parmi les transports de joie des habitants, comment enfin Ustaritz, recevant à La Cabrera les derniers ordres envoyés, venait de tenter un suprême effort pour disputer inutilement aux Espagnols une victoire qu’il semblait désormais presque impossible de leur arracher. L’armée républicaine s’assemblait toutefois. Le 8mai, deux bataillons d’infanterie de ligne et sept de