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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LA. PREMIÈRE RÉPUBLIQUE DU VENEZUELA

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l’adhésion de Valencia et des riches régions d’alentour dont l’appoint était plus précieux que tout autre. Leur voisinage des provinces royalistes, la proximité de l’excellent port de Puerto-Cabello par lequel Cortabar- ria pourrait introduire de puissants renforts, consti­tuaient autant de menaces.

L’exécutif, investi par le Congrès de facultés extra­ordinaires, demanda du secours aux Antilles anglaises. Les gouverneurs répondirent qu’ils n’avaient d’instruc­tions, qu’en ce qui concernait les rapports commerciaux des Colonies avec la Côte-Ferme : ceux-ci restaient as­surés de toute la protection des autorités britanniques. Pour le reste, il fallait attendre les directions du cabi­net de Londres 1 .

Une expédition sur Valencia fut alors décidée. Les quatre à cinq mille hommes que le gouvernement ré­volutionnaire avait continué d’entretenir et d’exercer de son mieux, reçurent l’ordre de marcher vers la province révoltée. La direction des opérations fut confiée, cette fois encore, au marquis del Toro qui s’adjoignit son frère Don Fernando comme chef d’état-major. Les in­dépendants remportèrent au début quelques avantages. Toro battit un détachement ennemi au cerro de los Corianos près de Mariara. Vais il dut se replier presque aussitôt sur Maracaï d’où il demanda désespérément des renforts à Caracas (19 juillet).

Le Congrès alors se décida à faire appel à Miranda qui n’avait pas attendu moins de sept mois le poste de confiance auquel il espérait se voir sollicité dès son arrivée au Vénézuéla, et dont la nécessité seule contrai­gnait ses compatriotes à l’investir.

III

Ce ne fut d’ailleurs pas sans une opposition marquée que le pouvoir exécutif consentit à ratifier la désigna-

1. Réponse du gouverneur de Trinidad Monroe au pouvoir exécu­tif, citée par Restrepo, op. cil., t. Il, cli. III, p. 29.