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résolu, car nul ne saurait prétendre contester au despotisme britannique le monopole de ce que le Blocus a laissé subsister de commerce maritime. L’Angle- terre n’a, surtout dans le Nouveau Monde, à redouter à ce sujet de concurrence d’aucune sorte. Que pourrait la métropole elle-même contre un rival qui règne par la force là où il ne règne pas en maître absolu par la contrebande 1 2 ? A tel point que si l’on ne tenait compte de l’attachement traditionnel de l’Angleterre à garder les dehors d’une parfaite correction politique, l’on ne parviendrait pas à s’expliquer l’insistance avec laquelle elle réclame à ce moment du gouvernement espagnol la reconnaissance officielle de privilèges commerciaux, en principe et de fait acquis.
Cette négociation s’était ouverte au lendemain de la signature du traité de Londres du 14 janvier 1809 par lequel Sa Majesté Britannique promettait à Ferdinand VII « toute son assistance pour faire cause commune contre les Français* ». Les efforts de Canning auprès des ambassadeurs d’Espagne à Londres, I). Pedro de Cevallos et l’amiral de Apodaca, n’avaient cependant pas plus que ceux du ministre d’Angleterre à Séville, le marquis Wellesley, auprès de I). Martin Garay, secrétaire général de la Junte Suprême, abouti à la conclusion, souhaitée par le cabinet britannique, d’un traité de commerce entre les deux pays. La discussion traînait en longueur depuis plus d’un an lorsque la nouvelle des événements d’avril 1810 parvint à Londres. Le marquis Wellesley venait d’y remplacer Canning au Foreign Office. 11 prescrivit aussitôt à son frère, sir Henry, qui lui avait, en même temps, succédé à la légation d’Angleterre alors transférée à Cadix, de reprendre les démarches engagées pour la conclusion de la convention commerciale : « Les secours que Sa Majesté a jusqu’à présent accordés à l’Espagne, lui écrivait-il le 13 juillet 1810 3 , n’ont été limités que par
1. V. Sorel, L'Europe et la Révolution, t. VII, liv. II, ch. II, g 5.
2. H. O. F. 0. Treaties, Protocoles, Spain 61, N“ 6.
3. A Sir Henry Wellesley, F. 0. Spain, 93, dépêches N°‘ 2 et 22. Confidentiel.