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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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résolu, car nul ne saurait prétendre contester au des­potisme britannique le monopole de ce que le Blocus a laissé subsister de commerce maritime. LAngle- terre na, surtout dans le Nouveau Monde, à redouter à ce sujet de concurrence daucune sorte. Que pourrait la métropole elle-même contre un rival qui règne par la force il ne règne pas en maître absolu par la contrebande 1 2 ? A tel point que si lon ne tenait compte de lattachement traditionnel de lAngleterre à garder les dehors dune parfaite correction politique, lon ne parviendrait pas à sexpliquer linsistance avec laquelle elle réclame à ce moment du gouvernement espagnol la reconnaissance officielle de privilèges commerciaux, en principe et de fait acquis.

Cette négociation sétait ouverte au lendemain de la signature du traité de Londres du 14 janvier 1809 par lequel Sa Majesté Britannique promettait à Ferdi­nand VII « toute son assistance pour faire cause com­mune contre les Français* ». Les efforts de Canning auprès des ambassadeurs dEspagne à Londres, I). Pedro de Cevallos et lamiral de Apodaca, navaient cepen­dant pas plus que ceux du ministre dAngleterre à Séville, le marquis Wellesley, auprès de I). Martin Ga­ray, secrétaire général de la Junte Suprême, abouti à la conclusion, souhaitée par le cabinet britannique, dun traité de commerce entre les deux pays. La discussion traînait en longueur depuis plus dun an lorsque la nouvelle des événements davril 1810 parvint à Londres. Le marquis Wellesley venait dy remplacer Canning au Foreign Office. 11 prescrivit aussitôt à son frère, sir Henry, qui lui avait, en même temps, succédé à la légation dAngleterre alors transférée à Cadix, de reprendre les démarches engagées pour la conclusion de la convention commerciale : « Les secours que Sa Majesté a jusquà présent accordés à lEspagne, lui écrivait-il le 13 juillet 1810 3 , nont été limités que par

1. V. Sorel, L'Europe et la Révolution, t. VII, liv. II, ch. II, g 5.

2. H. O. F. 0. Treaties, Protocoles, Spain 61, N 6.

3. A Sir Henry Wellesley, F. 0. Spain, 93, dépêches N° 2 et 22. Confi­dentiel.