MIRANDA
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plus tard, de Puerto-Rico. Il s'y heurta cette fois à une résistance héroïque de la garnison, commandée par D. Ramön de Càstro et d’un petit détachement de troupes françaises, envoyé de la Guadeloupe par Victor Hugues 1 , qui se couvrit de gloire sur la plage de Can- grejos le 17 avril 1797. Les Anglais y laissèrent deux mille hommes sur les dix mille qu’avait débarqués Harvey. Cette revanche de la prise de la Trinidad n’en compensa pas pourtant les funestes elîets et ne laissa pas moins les Antilles et les côtes du Vénézuéla à la merci de nouvelles attaques dont l’issue pouvait être fatale. L’escadre de La Havane, qui demeurait la seule force sur laquelle put compter l’Espagne dans ces parages et que depuis quatre ans on laissait sans secours, étaitréduite à l’inaction et à l’impuissance 2 .
IV
C’est dans le moment où Miranda voyait disparaître tout espoir d’obtenir quelque succès en France que ces nouvelles lui parvinrent. Elles l’eussent déterminé sans doute à quitter aussitôt Paris, où d’ailleurs il n’était plus en sûreté, et à retourner en Angleterre, s’il n’avait désiré conclure auparavant une négociation dont il augurait de grands avantages. Il conspirait cette fois avec les jésuites. Miranda n’ignorait rien, on le conçoit, des intrigues fomentées un peu partout contre la cour d’Espagne parces apôtres bénévoles del’Emancipation. II entretenait avec eux des relations constantes, et l’un de ses
1. Né à Marseille en 1770, mort en 1826. Il fut envoyé aux Antilles en 1794 avec Le lias, commissaire de la Convention aux lies du Vent. 11 reprit aux Anglais la Guadeloupe, la Désirade, les Saintes, Marie- Galante et Sainte-Lucie. Il revint en France en 1799 et fut alors nommé gouverneur de la Guyane, poste qu’il occupa jusqu’en 1808, où il fut obligé de remettre Cayenne aux anglo-portugais. Traduit devant un conseil de guerre et acquitté, il retourna vivre en Guyane comme simple particulier. Devenu aveugle, il rentra en France en 1822.
2. V. Lono, Ilisloria de las AnUt/uas Colonias , op. cil., te., liv. II, ch. IV.