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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LE PRÉCURSEUR

hommes les plus énergiques des débris de la Montagne. Au milieu deux, Bonaparte, soucieux, rêveur, hochait la tête devant la violence de nos expressions. Depuis, il a dit de moi : « Miranda est un démagogue, ce uest pas un républicain.>

Miranda était surtout un opportuniste et ne dédai­gnait lalliance daucun des partis que lincertitude des temps pouvait amener au pouvoir - Il eut de la sorte un pied dans tous les complots. Il était au 13 vendémiaire, avec Marchena, Lafond, Yaublanc, Delalot et Richard Sérisy, parmi les meneurs. On larrêta, mais on dut, après une détention dun mois au Plessis, le relâcher faute de preuves L Le 18 fructidor, Miranda, compromis de nouveau, est appréhendé au corps et compris sur la liste des déportés à Cayenne 1 2 . Il ne lui était cette fois plus possible de séjourner en France. 11 obtint cepen­dant, on ne sait par quel moyen, de passer quatre mois encore à Paris, el partit sans être inquiété pour lAn­gleterre, à la lin de décembre 17U7.

III

Les traditions de la politique sud-americaine de la Grande-Bretagne devaient infailliblement amener le plus informé des ouvriers de lIndépendance à solliciter du cabinet de Londres cet appui dont les précurseurs attendaient un si grand bénéfice pour laccomplissemenl de leur projet. Aussi bien nétait-ce pas la première fois que Miranda venait en Angleterre.

Sa carrière dagitateur avait précisément débuté par une démarche au Foreign Oflice. Il sy présentait alors plein dillusions en même temps que de déférence pour les institutions du seul pays il lui parût possible de recueillir aisément les sympathies et les secours nécessaires. Cette tentative neut pourtant aucun succès.

1. Arch. Nat. F ' 3088.

2. Décret du 18 Fructidor an V. Bulletin des Lois. An V, 2' série. t.X. Bulletin, n° 142.