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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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ORIGINES DE LA RÉVOLUTION SUD-AMÉRICAINE

dallégresse et damour quun peuple immense manifes­tait à légard du héros, cette effusion générale de tous les cœurs, ce mouvement spontané quexcitaient la gloire et les lauriers de Napoléon, acclamé à ce moment par plus dun million de poitrines, me parurent, pour celui qui les obtenait, le terme ultime de lambition dun homme. Et, bien que je fusse loin dimaginer quune telle fortune dût méchoir un jour, jévoquai malgré moi lesclavage de ma patrie et lauréole dont pourrait resplendir son affranchisseur h »

Dès ce moment pourtant, le grand vide dont souffrait lâme magnanime de Bolivar est comblé et lamour de la Patrie la possède à jamais.

V

Au commencement du printemps, accompagné de Rodriguez, Bolivar partit pour lItalie. Il cédait, avec toute la jeunesse dalors, à lattrait de la terre délec­tion, du sol illustre, « composé de la poussière des morts et des débris des empires », il semble quà cette époque tant de destinées fameuses soient allées demander leur secret. Ces vestiges de la Grande His­toire. à laquelle les jeunes héros des armées républi­caines venaient, en combattant pour la liberté des nations, dajouter dadmirables chapitres, nul nétait autant que Bolivar, avide dy retremper son ardeur.

Les derniers mois passés à Paris avaient fait de lui un autre homme : il avait observé, réfléchi, se nour­rissant plus que jamais de ses philosophes et, sous le parrainage de Rodriguez, obtenu son admission à une loge maçonnique 1 2 . 11 y rencontrait, dira-t-il, à côté de « fanatiques » insignifiants, nombre de « personnages de grand mérite 3 ». 1804-1805 fut, en effet, lépoque la

1. La Croix, Diario, etc., p. 64.

2. V. La Croix, Diario, etc., op. cil., p. 71.

3. Ibid.