CHAPITRE III
LE SERMENT DÜ MONT SACRÉ
I
Lorsqu’Alonso de Ojeda *, accompagné d’Améric Ves- puce 1 2 et d’une petite troupe d’aventuriers, atterrit en novembre 1499, sur les côtes, dites de Maracapana, reconnues déjà par Christophe Colomb l’année précédente, il y trouva une misérable petite cité lacustre, composée de quelques huttes élevées sur des pieux au-dessus des eaux stagnantes de ce qui fut depuis la lagune de Maracaibo 3 . Ce fut probablement le florentin Vespuce que frappa le premier, la ressemblance de cetle petite Venise, si inattendue, si humble et si lointaine, avec la Reine de l’Adriatique. Ojeda donna toutefois à la
1. Né à Cuenca vers 1465, accompagna Colomb, lors de son second voyage en 1493; fit en 1499 et 1501 deux voyages sur les côtes de l’Amérique du Sud. Fonda en 1508, à la tête d’une nouvelle expédition, San-Sébastiân dans le golfe du Darien et mourut peu après à Saint- Domingue.
2. Vespucci (Amerigo), navigateur italien au service du Portugal et de l’Espagne, né à Florence en 1451, mort à Séville en 1512. La relation d’une partie de ses voyages fut publiée en 1507 à Saint-Dié, à la suite d’une Cosmographiæ Inlroduclio par Martin Waldseemüllcr qui proposa de donner au nouveau continent le nom d'Amérique, car il parait bien qu’Amerigo Vespucci a touché le continent avant Colomb lui-même.
3. V. Oviedo y Banos, Ilisloria de la conquisla y poblaciôn de Venezuela, in-fol. Madrid, 1723, pp. 2 et ss.