LE SERMENT DU MONT SACRÉ
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avoir pris la fuite, de retourner à Caracas, furent exécutés. Les restes d’Espaùa, enfermés dans des cages de fer, furent placés aux carrefours de la capitale et de La Guayra. Quarante-cinq de ses complices, dont la majeure partie appartenait à l’aristocratie créole, périrent également de la main du bourreau ou dans les prisons où on les avait envoyés...
Cependant Rodriguez, à peine relâché et que sa manie voyageuse commençait à tourmenter aussi, avait jugé prudent de se décider à repartir. Il fit donc ses adieux à son élève dans le courant de juillet 1797. Hélas, c’en était fait des beaux projets à la Jean-Jacques! Simon avait quatorze ans ; auprès des jeunes gens, de Bello surtout, dans la société desquels les préoccupations récentes de son maître l'avaient fait retourner depuis quelques mois, il sentait s’éveiller des curiosités littéraires. Il en entretint Rodriguez et lui montra tout un lot de livres que Rello venait de lui prêter. Des livres ! le gouverneur eut des remords. Il savait de reste celui que devait lire Emile , « le premier, le seul qui, durant longtemps, devra composer toute sa bibliothèque », le merveilleux Crusoé ■, et ce fut assurément en l’honneur de Jean-Jacques et dans un sentiment de réparation secrète et de regret, que Rodriguez une fois de plus changea d’état-civil et prit, dès ce jour, lui- même, le nom de Robinson.
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La découverte du complot et les terribles mesures de répression décrétées contre ses auteurs, avaient profondément ému la capitainerie générale. Le régime colonial comptait toutefois encore dans le patriciat créole, un certain nombre de partisans convaincus, ou qui, du moins, affectaient de le paraître. Ceux d’entre eux qui devaient, quelque temps après, se montrer les mieux disposés à sacrifier leurs intérêts les plus précieux à la cause républicaine, restaient trop attachés
1. Rousseau, Émile, etc., liv. III.