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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LE SERMENT DU MONT SACRÉ

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cevait de la maison même de Bolivar, le sommet séclairer parfois de lueurs phosphorescentes'. Sous les regards amusés des parents, la négresse Matéa, commise au soin de porter le noble petit maître, el amito Simon 1 2 3 , assise au premier rang de lauditoire, sextasiait au récit du narrateur, pendant que lenfant ébaubi fixait sur lui ses grands yeux noirs.

II

Après la mort de son mari, qui survint en 1786, Dona Concepcion de Bolivar ne retourna guère à ses hacien­das que durant les mois dété. Retenue à Caracas par la santé de son père très âgé, elle habitait, le reste de lannée, la maison familiale de la plaza San Jacinto à la façade claire et simple, pareille à la plupart des con­structions des temps coloniaux : murs épais, hautes fenêtres à barreaux surmontées dune sobre moulure. Au-dessus de la lourde porte, cloutée de cuivre, qui souvrait sur un zatjuùn, corridor dallé de mosaïques en forme dosselets, sestampait, entouré dénormes lambrequins, lécu « dazur à la tour dargent posée sur trois gradins du même, accostée de deux lions affrontés » qui sont les armes des Bolivar 4 .

Cette demeure silencieuse ne sanimait, comme toutes ses semblables, quà loccasion des fêtes du Jeudi-Saint, du Corpus-Christi, de Saint-Jacques, qui déchaînaient dans Caracas un véritable vertige 5 . Les rues, calmes à lordinaire, se jonchaient de fleurs, les

1. Amunategui, Vida de D. Andres Bello. Santiago de Chile, 1882, in-8°, p. 22.

2. V. Papel Periodico, etc., t. Ill, p. 74. Notes de M. Briceno quia pu interroger en 1883, lors dun voyage à Caracas, cette ancienne esclave alors âgée de 110 ans. Matea Bolivar ne mourut quen 1886 et ses ob­sèques furent alors célébrées aux frais de la municipalité de Caracas.

3. Plus tard « plaza de El Venezolano ». Aujourdhui calle Sud I. Le tremblement de terre de 1812 fil sécrouler létage supérieur de la maison qui fut depuis réparée et qui existe toujours.

4. Florez de Ocariz, op. cil., p. 262.

5. Humbert, Orig. Vénéz., op. cil., p. 168.