I. 'aurore de la liberté
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se réfugiait à Gibraltar et se voyait élire, par les soins du gouvernement d’Espagne, aux fonctions de représentant provisoire aux Gortès pour la Nouvelle-Grenade, « ce qui me place, mandait-il à l’un de ses correspondants 1 , dans la plus étrange des situations, puisque les tribunaux de la Péninsule voudraient me faire reconduire à mon ancien domicile de Cadix et que je me trouve être en même temps, une fraction de la souveraineté espagnole !... »
Nous reverrons Narino, vice-président de la République de Colombie en 1823, obligé de se défendre devant le Congrès de Cucuta contre de calomnieuses et perfides attaques, retrouvant, pour confondre ses accusateurs, les accents encore vibrants de son éloquence des meilleurs jours et mourant enfin cette année même, à Leiva dans la solitude et l’abandon, en léguant à la postérité ces suprêmes paroles : « J’aimai ma patrie, l’histoire dira ce que fut cet amour 2 . »
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Dans les « Défenses » qu’il dut présenter, en 1797 et en 1809, au Tribunal de l’Audiencia et, en 1823, devant les membres du Congrès colombien, Narino fait de fré- quentesallusions aux négociations qu’il tenta d’engager en Europe pour obtenir des secours en faveur des habitants de la Nouvelle-Grenade. Il est intéressant d’y retrouver le témoignage des grands espoirs que fondaient les Américains sur l’appui de l’étranger.
Ceux d’entre les colons qui rêvaient de liberté pour leur patrie et qu’une si notable supériorité de culture séparait de la masse, sans méconnaître pour cela les aspirations et les énergies latentes du peuple, s’étaient de bonne heure convaincus des avantages que l’assistance européenne pourrait réserver à la cause de l’indé-
1. Lettre à Zéa. Gibraltar, 1" juin 1820, dans El Precursor, p. 481.
2. Testament de Narino dans Vergara, Vida y escritos, etc.