Druckschrift 
Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
Entstehung
Seite
49
Einzelbild herunterladen
 

CHAPITRE II L’AURORE DE LA LIBERTÉ

I

Les modifications essentielles que la découverte du Nouveau Continent introduisit dans les principes éco­nomiques de l’Europe du seizième siècle, devaient avoir sur les destinées mondiales d’incalculables con­séquences. Le régime connu sous le nom de mercan­tilisme, préconisé par les hommes d’Etat de Venise et de Florence au quinzième siècle et dont continuaient à s’inspirer les systèmes prohibitifs, communément ob­servés par les gouvernements, cessa d’être applicable dès que l’abondance de l’or et de l’argent, tirés de l’Amérique, eut démontré que la production des ri­chesses avait des sources plus complexes qu’on ne l’avait pensé : Y économie politique était née. Son étude aboutit logiquement aux doctrines sociales et reli­gieuses des philosophes anglais du dix-huitième siècle. La révolution de 1G88, en laissant subsister en Angle­terre une société dont la vitalité ne semblait pas plus ébranlée par la destruction du despotisme royal que par l’établissement de la tolérance religieuse, était venue fournir un argument tangible aux doctrines hardies des Locke, des Shaftesbury, des Bolingbroke

1. Cf. Seignobos, Histoire de la Civilisation contemporaine, ch. III.

4