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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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ORIGINES DE LA RÉVOLUTION SUD-AMÉRICAINE

Macketia 1 , fut le « syllabaire de la littérature nationale du Pérou et l’école où se prépara la Révolution ». Il en faut dire autant de la Gaceta de Buenos-Ayres dont Mariano Moreno 2 , l’un des précurseurs de l’indépen­dance argentine, prit plus tard la direction et qui con­tribua puissamment à la dill'usion des idées nouvelles parmi les habitants de la Plata; le Papel Periodica de Santa-I’é (pii se publia dès 1791, enfin le Nnevo Luciano de Quito, fondé et rédigé par José Espejo 3 4 et dont le sous-titre : El Desperladov de los Ingeniös, « l’Eveilleur des esprits », résume l’œuvre d’incitation et de propa­gande révolutionnaires, à laquelle s’était vouée partout l’élite intellectuelle de la jeunesse américaine.

IV

C’est dans l'antique Santa-Fé, dont le conquistador Xi menez de Quesada * avait fait, en 1598, la capitale du Nouveau Royaume de (îrenade, que l’idée républicaine avait trouvé le [dus fervent asile auprès des hommes les mieux organisés pour l’accueillir et la comprendre. Les dogmes égalitaires de la Révolution française si peu compatibles qu'ils fussent avec les traditions de la société coloniale, que ses innombrables distinctions de castes et de classes prédisposaient manifestement à de

1. Vicuna Mackf.na (Benjamin), historien chilien né à Santiago en 1831, mort en 1880. Ses principaux ouvrages sont El Sitio de Chilian en i8i3, 18H0. Eevoluciôn del Perd, 1881, etc. lia en outre publié trois tomes de la Historia de Chile.

2. Moreno (Mariano), né é Buenos-Ayres en 1778, mort en mer en 1811. V. infra , liv. II, ch. III.

3. Espejo (Jose Eugenio de la C.ruz y), né à Quito en 1705, d’une très humble famille du pays. l’artisan enthousiaste des idées répu­blicaines, il publia, en môme temps que le Luciano, une feuille sati ­rique, le Golilla dont les articles incendiaires lui valurent plusieurs fois d'être emprisonné. Lev gouverneur le fit partir vers J703 pour Santa-Eé. Espejo s’y lia avec Narino et Zéa. Il mourut à Quito en 1798.

4. Qlesada (Gonzalo Ximenez de), né à Cordoue vers 1499, mort en 1579, le 18 février, à Mariquita (Nouvelle-Grenade). Il fonda Santa-Eé de Bogolâ, le 6 août 1538.