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IjA. VIE ÉCONOMIQUE
Industries diverses, Commerce local. —Sans ressources agricoles, dépourvu de richesses minérales, lepelil archipel de Sainl-Pierre et Miquelon doit toute son importance, qui est considérable, à sa situation au centre même de l’un des lieux de pêche les plus riches du monde. Les industries saint-pierraises sont celles que l’on voit fonctionner dans tous les ports de mer et celles-là seulement ; la prospérité de ces industries, comme aussi, par contre-coup, celle des divers commerces que l’on retrouve ici comme dans toute agglomération de quelque importance, est étroitement liée au succès de la pèche de la morue. Les maîtres charpentiers de marine, les maîtres voiliers, les calfats, les forgerons, les poulieurs trouvent dans l’entretien et la réparation des navires de la flottille de pêche, dans la construction de petits canots à fond plat dénommés doris, l’occasion d’un travail rémunérateur ; les salaires des ouvriers dans ces industries maritimes sont même assez élevés : les ouvriers forgerons gagnent dans les bonnes années 2.000 francs et plus ; les maîtres charpentiers donnent aux ouvriers qu’ils emploient en été un salaire quotidien de 8 à 10 francs. Un calfat gagne, à Sainl-Pierre, de 12 à 15 francs par jour et parfois même jusqu’à 25 francs quand le travail presse beaucoup.
Petit à petit, d’ailleurs, au moment de la grande prospérité de Sainl-Pierre, on a vu s’y créer des industries nouvelles. La construction dans le port de cales de lialage pour la visite et la réparation à sec des navires est l’œuvre déjà ancienne de l’initiative privée ; deux de ces cales avaient été construites en 1890 ; deux autres datent de 1896. En 1896, il s’est créé à Saint-Pierre une manufacture de vêtements