II
EA VIE ÉCONOMIQUE
Agriculture.
Question de la main-d'œuvre. — C’est, avant tout, dans les difficultés qu’v rencontre la culture du sol, source de toute vie industrielle et commerciale, que réside le malaise économique de nos Antilles. La population, relativement considérable pour leur superficie, n’y fournil qu’une main-d’œuvre insuffisante. A la Guadeloupe, à Grande-Terre et à Marie-Galante, il va environ 87.000 hectares (dont 58.000 pour la Guadeloupe proprement dite) de bonnes terres en friche, laide de bras disposés à les mettre en valeur. Sur 160.000 hectares, on peut estimer qu’il y en a 46.000 d’incultivables et 35.500 de cultivés : 18.500 à la Guadeloupe proprement dite, 15.000 à Grande- Terre, 2.000 à Marie-Galante. Le Domaine y possède 20.000 declares incultes. Sur l’ensemble de la Guadeloupe et de ses dépendances, on estime que 132.000 hectares pourraient être mis en valeur, dont la moitié à peine est exploitée, puisqu’au 1 er janvier 1903 la surface cultivée ne dépassait pas 56, 170, 50 hectares, avec 12.789 habitations rurales, 68.169 cultivateurs et un capital de culture d’une valeur approximative de 157.977.020 francs. A la Martinique, sur une surface de 98.527 hectares, plus de 18.000 sont incultes, qui sont parfaitement cultivables (1). Il ne faudrait pas moins de 10.000 travailleurs de plus dans chaque colonie pour en assurer la culture intégrale, en l’état de l’irrégularité du travail indigène. Les décès et les rapatriements ayant
(1) En 1890, 40.134 hectares seulement étaient en culture.