NOTE SUR LES NOUVELLES HÉBRIDES w
L’accord franco-anglais de 1904 n’a pas tranché « la question des Nouvelles-Hébrides » (2), et cet archipel est aujourd’hui la seule terre océanienne de quelque valeur qui n’ait pas de maître officiellement reconnu. Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie y est toujours commissaire de la République ; le « High Commissioner » du Pacifique occidental joue le même rôle pour le compte de la Grande- Bretagne ; et une commission mixte d’officiers français et anglais, appartenant aux stations navales du Grand Océan, continue à protéger officiellement « la vie et les propriétés » des Européens de toute nationalité établis aujourd’hui dans la plupart des îles.
Néanmoins il ne serait peut-être pas impossible, quand l’élément pénal aura complètement quitté la grande terre pour la Guyane ou quelque colonie plus malsaine, qu’on put arriver à une entente avec la Commonwealth australienne, au prix d’une concession territoriale à prendre sur nos archipels de l’Est. Cela ne porterait aucun tort à nos voisins, qui ont assez de leurs luttes intérieures ; et cela nous serait fort profitable, sauf à protéger les agriculteurs calédoniens pendant quelques années contre le déversement des produits fiiébridais. Cette considération nous a conduits à consacrer une courte notice au domaine contesté qui doit tant à la colonisation française.
(1) L’archipel, y compris les îles Torrès et Banks, s’étend sur 820 kilomètres de long (entre 13“ 4’ et 20° 15 lat. Sud). (Surface totale plus de treize mille kilomètres carrés.) Les principales îles sont : Vanoua-Lava, volcanique, dans le groupe Nord (Banks) ; Santo, ou Espiritu Santo, jadis Merena (4.857 kmq) ; Mailicolo (2.268 kmq) ; Aurore, Pentecôte, Ambrym, Epi ou Api (de 5 à 700 kmq), et surtout Vaté, ou Sandwich (518 kmq) dans le groupe principal ; enfin Erromango (1.041 kmq), Tanna et Annatom, dans le groupe Sud.
(2) Il n’a arreté que la création en principe : 1“ d'une juridiction avec pouvoir sur les indigènes, 2° d’une commission chargée de liquider les différends entre Français et Anglais au sujet de la propriété foncière.