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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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BOLIVAR

les plaines du centre. Dans louest, la République ne comptait plus un seul défenseur. Cajigal était à Puerto- Cabello, Calzàda à Barinas. Urdaneta, après avoir vainement essayé datteindre Ceballos ainsi que len avait chargé le Libertador au lendemain de la bataille de Carabobo, senfonça vers Trujillo etMérida. Un long cortège démigrants le suivait à travers un pays dont les populations témoignaient dune hostilité de jour en jour accrue. Il fallut combattre sans répit, contre Cal­zàda (à Mucuclues, le 7 septembre) et surtout contre les guerrillas rencontrées à chaque détour de la route. Le 1 er octobre enfin, au bout de quatre mois de dangers, dangoisses et de misères de tout genre, Urdaneta par­vint à Tàchira sur la frontière grenadine.

V

En cette fin de lan 1814 la métropole semblait être du reste à la veille de rétablir sa domination sur len­semble du continent américain.

Lachèvement de la Constitution espagnole de 1812 avait été suivi de la défaite de Napoléon en Russie, de labandon définitif de lEspagne par les armées fran­çaises et de la restauration de Ferdinand VU. Les con­séquences de ces grands événements navaient point manqué de se faire sentir en Amérique et les effets en avaient été désastreux pour la cause de lIndépendance.

La seule force morale de la réalité du retour du roi ramena dans lobéissance les basses classes du peuple et paralysa les créoles '. Ceux dentre eux, qui tremblant toujours pour leur fortune, navaient, quà demi con­vaincus, pris parti pour la Révolution et trouvaient depuis longtemps excessifs les sacrifices quelle leur imposait, étaient prêts à se rallier à lancien régime dont les sécurités, à défaut des avantages, leur parais-

en 1830. Président du Vénézuéla en 1847 et en 1858. Exilé trois ans plus tard, il revint en 1861 à Caracas et y mourut le 18 novembre 1868.

1. Cf. Gervinus, op. ci/., VI, p. 152.