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BOLIVAR
les plaines du centre. Dans l’ouest, la République ne comptait plus un seul défenseur. Cajigal était à Puerto- Cabello, Calzàda à Barinas. Urdaneta, après avoir vainement essayé d’atteindre Ceballos ainsi que l’en avait chargé le Libertador au lendemain de la bataille de Carabobo, s’enfonça vers Trujillo etMérida. Un long cortège d’émigrants le suivait à travers un pays dont les populations témoignaient d’une hostilité de jour en jour accrue. Il fallut combattre sans répit, contre Calzàda (à Mucuclues, le 7 septembre) et surtout contre les guerrillas rencontrées à chaque détour de la route. Le 1 er octobre enfin, au bout de quatre mois de dangers, d’angoisses et de misères de tout genre, Urdaneta parvint à Tàchira sur la frontière grenadine.
V
En cette fin de l’an 1814 la métropole semblait être du reste à la veille de rétablir sa domination sur l’ensemble du continent américain.
L’achèvement de la Constitution espagnole de 1812 avait été suivi de la défaite de Napoléon en Russie, de l’abandon définitif de l’Espagne par les armées françaises et de la restauration de Ferdinand VU. Les conséquences de ces grands événements n’avaient point manqué de se faire sentir en Amérique et les effets en avaient été désastreux pour la cause de l’Indépendance.
La seule force morale de la réalité du retour du roi ramena dans l’obéissance les basses classes du peuple et paralysa les créoles '. Ceux d’entre eux, qui tremblant toujours pour leur fortune, n’avaient, qu’à demi convaincus, pris parti pour la Révolution et trouvaient depuis longtemps excessifs les sacrifices qu’elle leur imposait, étaient prêts à se rallier à l’ancien régime dont les sécurités, à défaut des avantages, leur parais-
en 1830. Président du Vénézuéla en 1847 et en 1858. Exilé trois ans plus tard, il revint en 1861 à Caracas et y mourut le 18 novembre 1868.
1. Cf. Gervinus, op. ci/., VI, p. 152.