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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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BOL/IVAR

caltaire quils parcoururent nétait point la route indis­pensable à limmortalité de leur foi.

Ill

Bolivar, que nous avons laissé senfermant à Valencia le 5 février 1814, sapprêtait donc à opposer une résis­tance désespérée au suprême elîort tie Böves sur la ca­pitale. Le terrible asturien se remettait rapidement de ses blessures et tout faisait prévoir quil ne tarderait pas à reprendre les hostilités. Des partis de llaneros par­couraient les rives du lac tie Valencia, saccageant les propriétés, incendiant les villages et portant partout la dévastation et le massacre. Pendant que deux co­lonnes, commandées par le colonel Escalona et. le capitaine Mateo Salcédo,se portaient contre ces bandes avancées de la légion infernale, le Libertador organi­sait de son mieux la mise en état de défense de la ré­gion. Une escadrille fut armée sur le lac ; un détache­ment de cent hommes, ayant à sa disposition quelques pièces de campagne, occupa le défilé de La Cabréra ; le gros des troupes se rassembla à La Victoria dont les abords furent soigneusement fortifiés.

Des hauteurs de la ville, le regard pouvait sétendre sur un vaste et riant ensemblede cultures et de planta­tions prospères couvrant, à perte dhorizon, la plus belle partie de ce jardin du Vénézuéla quest la vallée dAragua. Vers le nord-ouest, au pied de léminence dite du Calvario, une petite plaine sétend sur laquelle est bâti le hameau de San Mateo. Bolivar y vint établir son quartier général le 20 février. Il était sur son do­maine patrimonial. Il apercevait devant lui lhacienda de VInyénio s'était écoulée son enfance et dont les grands arbres avaient ombragé les ardentes mélanco­lies de sa jeunesse. Ce panorama familier lui rappelait ses plus précieux souvenirs. Cest pro aris et foeis quil allait combattre 1 .

1. Cf. Mitre, Hisloria de San Mârlîn, ch. XXXIX, § 3.