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BOL/IVAR
caltaire qu’ils parcoururent n’était point la route indispensable à l’immortalité de leur foi.
Ill
Bolivar, que nous avons laissé s’enfermant à Valencia le 5 février 1814, s’apprêtait donc à opposer une résistance désespérée au suprême elîort tie Böves sur la capitale. Le terrible asturien se remettait rapidement de ses blessures et tout faisait prévoir qu’il ne tarderait pas à reprendre les hostilités. Des partis de llaneros parcouraient les rives du lac tie Valencia, saccageant les propriétés, incendiant les villages et portant partout la dévastation et le massacre. Pendant que deux colonnes, commandées par le colonel Escalona et. le capitaine Mateo Salcédo,se portaient contre ces bandes avancées de la légion infernale, le Libertador organisait de son mieux la mise en état de défense de la région. Une escadrille fut armée sur le lac ; un détachement de cent hommes, ayant à sa disposition quelques pièces de campagne, occupa le défilé de La Cabréra ; le gros des troupes se rassembla à La Victoria dont les abords furent soigneusement fortifiés.
Des hauteurs de la ville, le regard pouvait s’étendre sur un vaste et riant ensemblede cultures et de plantations prospères couvrant, à perte d’horizon, la plus belle partie de ce jardin du Vénézuéla qu’est la vallée d’Aragua. Vers le nord-ouest, au pied de l’éminence dite du Calvario, une petite plaine s’étend sur laquelle est bâti le hameau de San Mateo. Bolivar y vint établir son quartier général le 20 février. Il était là sur son domaine patrimonial. Il apercevait devant lui l’hacienda de VInyénio où s'était écoulée son enfance et dont les grands arbres avaient ombragé les ardentes mélancolies de sa jeunesse. Ce panorama familier lui rappelait ses plus précieux souvenirs. C’est pro aris et foeis qu’il allait combattre 1 .
1. Cf. Mitre, Hisloria de San Mârlîn, ch. XXXIX, § 3.