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LA GUERRE A MORT
II
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Lorsque, décidés à agir par eux-mêmes, Briceno et ses compagnons, après avoir rejoint Bolivar à Ciicuta au mois d’avril 1813, eurent subrepticement quitté le quartier général, ils ne se firent point faute de mettre leur sinistre programme en œuvre. Ils massacrèrent quelques villageois paisibles de San Cristobal et firent parvenir deux têtes coupées à Bolivar et Castillo. L’envoi était accompagné d’une lettre que, s’il faut en croire le mémorialiste Diaz Briceno avait écrite avec du sang.
Bolivar frémit d’horreur en recevant ces répugnants trophées et donna l’ordre de poursuivre, d’arrêter et de lui amener le « satanique halluciné » — ce furent ses propres paroles 1 2 — qui commettait de tels forfaits et qu’il allait châtier d’importance. L’indigation de Bolivar était sincère. Si résolu qu’il fût à ne reculer devant aucune des mesures capables d’assurer le triomphe de l’Indépendance, le Libérateur avait de sa cause une notion trop haute pour consentir de prime abord à des excès que ses instincts et son éducation réprouvaient également:« Je suis opposé, écrivait-il, à ce moment même, dans un rapport au président de l’Union 3 , au système de la cruauté ou de la violence. Et ma conviction à cet égard est si forte que malgré la pratique devenue d’usage courant parmi les populations duMag- daléna, de piller et d'incendier les localités prises sur l’ennemi, je n’ai pas laissé saccager une maison où brûler même une chaumière et les villages qui s’élèvent sur l’une ou l’autre rive du lleuve doivent à ma seule clémence d’y subsister encore. Les troupes de l’expé-
1. ftecuerdos, e te., p. 73.
2. Larrazaiiai.. I, p. 170.
3. (Juartier général de San José de Cüruta, 7 mai 1813, D., IV, 808.
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