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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LA GUERRE A MORT

II

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Lorsque, décidés à agir par eux-mêmes, Briceno et ses compagnons, après avoir rejoint Bolivar à Ciicuta au mois davril 1813, eurent subrepticement quitté le quartier général, ils ne se firent point faute de mettre leur sinistre programme en œuvre. Ils massacrèrent quelques villageois paisibles de San Cristobal et firent parvenir deux têtes coupées à Bolivar et Castillo. Len­voi était accompagné dune lettre que, sil faut en croire le mémorialiste Diaz Briceno avait écrite avec du sang.

Bolivar frémit dhorreur en recevant ces répugnants trophées et donna lordre de poursuivre, darrêter et de lui amener le « satanique halluciné » ce furent ses propres paroles 1 2 qui commettait de tels forfaits et quil allait châtier dimportance. Lindigation de Bolivar était sincère. Si résolu quil fût à ne reculer devant aucune des mesures capables dassurer le triomphe de lIndépendance, le Libérateur avait de sa cause une notion trop haute pour consentir de prime abord à des excès que ses instincts et son éducation réprouvaient également:« Je suis opposé, écrivait-il, à ce moment même, dans un rapport au président de lUnion 3 , au système de la cruauté ou de la violence. Et ma convic­tion à cet égard est si forte que malgré la pratique devenue dusage courant parmi les populations duMag- daléna, de piller et d'incendier les localités prises sur lennemi, je nai pas laissé saccager une maison brûler même une chaumière et les villages qui sélèvent sur lune ou lautre rive du lleuve doivent à ma seule clémence dy subsister encore. Les troupes de lexpé-

1. ftecuerdos, e te., p. 73.

2. Larrazaiiai.. I, p. 170.

3. (Juartier général de San José de Cüruta, 7 mai 1813, D., IV, 808.

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