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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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teintes des autorités liméniennes : elle voyait entraver par elles sa marche vers la liberté.

Mais ici, comme à la Plata et au Chili, 1 idéal émanci­pateur accomplit, malgré les erreurs de ses protago­nistes, des progrès continus. Et lorsqu’à l’issue d’une longue série d’arrêts, de heurts et de brisures le flot révolutionnaire aura retrouvé, avec toute sa puissance, la direction primitive de son cours, la citadelle péru­vienne enfin s'engloutira, submergée par la crue for­midable.

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Les trois grandes divisions territoriales dont l’en-

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semble fut désigné jusqu’en 1810 sous le nom de vice- royaume de Nouvelle-Grenade, s’étendaient sur une superficie de plus de 113.000 lieues carrées de 23 au de­gré et comptaient près de 3.000.000 d’habitants. L’exis­tence politique de chacune d’elles s’était, dès le jour même de l’installation des gouvernements autonomes, développée avec des particularités qui se marquèrent de plus en plus.

Nous avons signalé la suite des événements qui venaient, en moins de trois années, de replacer les po­pulations jacobines et tumultueuses de la capitainerie générale du Yénézuéla sous le joug colonial. Les pa­triotes, fanatiques, brouillons et influençables de l’an­cienne présidence de Quito avaient éprouvé le même sort et la proximité où ce pays se trouvait du Pérou, en même temps que de la province méridionale grena­dine de Pasto, dans laquelle le sentiment royaliste se maintenait intact, y avait encore hâté la ruine des aspi­rations révolutionnaires.

Les commissaires royaux Montùfar et Yillavicencio qui, l’on s’en souvient, étaient sur le point d’arriver à Santa-Fé lorsque s’y produisit l’explosion insurrec­tionnelle du 20 juillet 1810, parvinrent au but de leur voyage dans l’instant précis où le docteur San Mi­guel, délégué du comte Ruiz et porteur des dossiers