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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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LE MANIFESTE DE CARTHAGÈNE

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titude d’une prompte et universelle répression. Le vice-roi Venégas et le général Calleja avaient à leur disposition en Nouvelle-Espagne plus de 70.000 hommes de bonnes troupes. Vera-Cruz, défendue par sa forte­resse de San Juan de Ulloa, demeurait inexpugnable; Cuba et Puerto-Hico restaient fidèles. A Lima, le vice- roi Abascal, maître de la population, secondé par Goye- néclie et Toribio Montes *, menaçait, sans que l’on pût croire sa défaite possible, le Haut-Pérou et les Provinces Unies de la Plata. Il semblait en mesure de secourir non moins victorieusement la contre-révolution grena­dine.

Il

A toutefois en examiner de plus près la situation réelle, les Colonies ne présentaient pas à ce moment un aspect si rassurant pour les intérêts de la métro­pole.

Sans doute l’élan formidable dont Hidalgo avait été le promoteur dans la Nouvelle-Espagne s’était-il vu après ses premiers succès à Tolüca et à Guadalajâra, en octobre 1810, arrêté par le général Calleja à Acülco le 7 novembre et définitivement brisé, le 17 janvier sui­vant, à la bataille du pont de Calderon. Les hordes d’indiens, armés de coutelas et de flèches qui se pré­cipitaient sur les canons afin de les boucher avec leurs chapeaux de paille 2 , s’étaient dispersées devant les troupes royales ; Hidalgo et son premier lieutenant Allende, trahis par un de leurs hommes, avaient été pris et fusillés (27 mars et 27 juillet 1811). Mais les autorités espagnoles, d’abord persuadées que cette défaite et ces exécutions marquaient la fin d’une aven­ture dont le renouvellement serait impossible, avaient dû constater que l’insurrection ne désarmait point.

Un autre prêtre, José Maria Morelos, curé de Cara-

1. V. infra, § 3.

2. Cf. Zavala, Ensayo hislorieo de las Reuoluciones de Mejieo, t. I, et Gekvixus, op. cil.