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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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ORIGINES OE I.A RÉVOLUTION SUR-AMERICAINE

HS

ses efforts ne demeurèrent pas inutiles : on doit même le considérer comme une sorte de précurseur.

Laisance avec laquelle s'était propagée la rébellion ouvrait aux créoles des perspectives insoupçonnées pour le succès des entreprises futures. Les rapports existant entre la révolte de Tupac-Amaru et l'affran­chissement des Colonies espagnoles ont été consignés, du reste, dans une lettre mémorable que, quarante- cinq ans plus tard, le propre frère de José-Gabriel adressait à bolivar. Echappé par miracle à la boucherie de Cuzco et délivré par Joseph Bonaparte dune capti­vité de plus dun quart de siècle dans les prisons de Madrid, il écrivait en effet : « Lu double motif simpose à ma joie de saluer enfin le couronnement de lœuvre pour laquelle mon tendre et vénéré frère arrosa de son sang la terre des Andes, préparant ainsi la moisson dont il était réservé à votre main vaillante et généreuse de récolter les fruits magnifiques*. »

V

Le gouvernement espagnol se sentait dautant plus atteint par les progrès que semblait faire dans ses colonies lesprit insurrectionnel, quentraîné par la politique de Choiseul et de ses successeurs, il lui fallait à ce 0101110111 ( 1779 ) sassocier à la guerre de revanche que la France poursuivait contre lAngleterre et pro­céder à des armements considérables.

Les trésoreries royales dAmérique, auxquelles le cabinet de Madrid recourait surtout, pour parer aux dépenses de la guerre, accusaient cependant dimpor­tants délicits. Le système fiscal imposé aux Colonies navait, pu, fatalement, quaboutir à ce résultat. Parve­nue à peine au prepiier terme de sa formation et sou­mise au régime économique le plus funeste à son dé­veloppement, la société sud-américaine navait pas la

1. Juan-Bautista Tupac-Amaru à Bolivar, 15 mai 1825, dans OLeary Memorias, partie documentaire, t. X, p. 6.