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Bolivar et l'émancipation des colonies espagnoles des origines à 1815 / par Jules Mancini
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l.ES INDES OCCIDENTALES

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tuitement ou de céder à bas prix, comme Philippe II l’imagina plus tard, des terres aux cadets de famille désargentés que de les décider à en tirer parti. La carrière lente et pénible de l’agriculture ne tentait guère des hommes que l’espoir d’une fortune rapide attirait surtout au delà de l’Océan.

Les historiographes de la Conquête avaieu d’autre part décrit les régions minières du Nouveau Monde avec une si parfaite exactitude 1 et le Conseil des Indes en réglementait l’exploitation avec tant de prédilection, qu’il fallait bien les tenir pour la seule occupation estimable et possible. Aussi les mines, et principale­ment les mines d’or, d’argent, de sel gemme ou d’éme­raude furent-elles, au début, l’unique industrie re­cherchée par les colons. Des impôts élevés en détour­naient, il est vrai, la majeure partie des bénéfices, mais ceux-ci restaient malgré tout considérables. Les cultures étaient sévèrement restreintes. L’impré­voyante avidité de la métropole n’admettait pas que ses sujets s’employassent à des exploitations d’un ordre moins rémunérateur pour le Trésor. On ne s’avisa qu’à la fin du dix-septième siècle, des ressources que pouvait olfrir l’agriculture.

III

Ce furent les indigènes qui fournirent, au début, le contingent des travailleurs. De leurs aïeux, les fiers Aztèques , les nobles Incas , les Chibchas 2 industrieux et sages, les indios t les indiens— comme on les appela depuis, sans autre distinction d’origine — n’avaient gardé que l’égoïsme, la nonchalance et la ruse, trans-

1. V. notamment dans les Nolicias llisloriales de I-’r. Pedro Simon (1620) la nomenclature et l’évaluation minutieuse de presque toutes les mines d’or ou d’argent du Nouveau Koyaume de Grenade.

2. Les Chibchas occupaient les plateaux élevés de la Nouvelle- Grenade. Après les habitants du Mexique et ceux du Pérou, ils constituaient la plus importante et la plus avancée des races abori­gènes.