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OHIO IN ES DE LA REVOLUTION SUD-AMÉRICAINE
d’Espagne. Elle ne devait pas cependant profiter du splendide exploit des Conquistadors. Les conditions dans lesquelles s’était effectuée la conquête facilitèrent, en effet, l'extension de la décadence qui minait la métropole, jusqu’aux pays lointains soumis à son régime. Dans la vaste transformation économique qui devait résulter pour le inonde chrétien de cette nouvelle croisade, et surtout dans les avantages qu’il en recueillit, l'Espagne ne trouva qu’une quote-part précaire dont la grandeur factice ne lui servit qu’à déplorer davantage l’étendue de ses malheurs.
II
Les contours de l’Amérique furent, dès la première moitié du seizième siècle, à peu près complètement visités. A ce moment, la géographie du Nouveau Monde avait été déterminée aussi avec assez d’exactitude, mais la notion qu’on en avait en Europe resta fort imprécise jusqu’aux célèbres voyages de Humboldt, à la fin du dix- huitième siècle.
On savait, sans doute, que ce territoire s’étendait depuis le 74 u du pôle arctique jusqu’au 56° du pôle antarctique, formant le tiers du globe habitable. Les explorateurs avaient mentionné la fertilité du sol et la variété des climats, lis avaient comparé le système montagneux du continent à une sorte d’énorme « épine dorsale » dont la mer Pacifique baigne à l’ouest les fondements sur une longueuryle quinze mille milles, parlé des rameaux que projette à l’est la chaîne et dont quelques-uns ne s’arrêtent qu’à l’Atlantique. Les navigateurs s’étaient montrés déconcertés par le volume démesuré des fleuves qu’alimentent d’innombrables torrents sortis de la Cordillère et qui traversent des solitudes immenses et de vastes plaines couvertes de forêts et de pâturages. Il s’en fallait de beaucoup cependant que les nouveaux maîtres de ce prodigieux do-