LA COLONISATION
Depuis lniit ans la mise en valeur de l’Indo-Chine se poursuil avec une remarquable régularité. Le gouvernement de M. Doumer a constitué une étape décisive dans ce développement. Jusqu’en LS97 les hésitations, les tâtonnements paralysaient les meilleures volontés ; la métropole se résignait avec beaucoup de peine aux sacrifices financiers qu’on lui réclamait trop souvent ; on n’osait risquer aucune grosse entreprise, commencer aucun de ces grands travaux d’utilité publique dont la nécessité apparaissait évidente aux colons et aux administrateurs.
La paix ne paraissait pas régner encore partout ; car si on était déjà loin de l'époque où les bandes de pirates osaient se montrer jusque dans les environs de Hanoï (1891), parce qu’elles étaient véritablement maîtresses du pays à l’est du ileuve Rouge, il restait encore à dissoudre des troupes de brigands qui mettaient en coupe réglée les rares habitants des territoires voisins de la Chine. Pour achever l’œuvre de pacification intérieure, il fallait ou rejeter tous les pirates en pays Chinois, ou les obliger à accepter des terres dont le produit les ferait vivre ; il fallait en particulier mettre un terme aux incursions du plus redoutable de leur chef, le Détham, et l’amener, bon gré, mal gré, à déposer les armes.
Le rôle de M. Doumer a été décisif ; les cinq années qu’il a consacrées à l'hulo-Chine ont vu se succéder, dans les domaines les plus différents, toute une série de mesures tendant à transformer cette