I
LES INDIGENES
La prospérité qui semble réservée à l’Indo-Chine sera l’œuvre des indigènes, des colons et de l’administration associant leurs efforts et contondant leurs intérêts. Dans les milieux où les questions coloniales sont étudiées à la lumière de l’expérience, c’est-à-dire en comparant l’œuvre des peuples colonisateurs, leur champ d’activité, leurs méthodes, les résultats obtenus, on est unanime à reconnaître qu’il faut réserver un rôle prépondérant aux indigènes dans la mise en valeur des colonies de la zone tropicale.
A cause du climat, si différent de celui d’Europe, les blancs, qu’ils soient Anglais, Hollandais ou Français, ne peuvent guère déployer, sans péril pour leur santé, que l’activité que réclame la direction de grandes entreprises agricoles, industrielles, commerciales ou financières. Les colons, toujours très peu nombreux par rapport aux indigènes, sont tout naturellement désignés pour prendre l’initiative des affaires qui exigent beaucoup de calculs, d’études rigoureuses et surtout beaucoup de capitaux. Pour réaliser leurs plans, ils ne peuvent jamais se passer du concours de la main-d’œuvre indigène.
Les natifs pourraient se passer d’eux pour tirer du pays les ressources indispensables, tandis qu’eux ne sauraient réaliser aucun des profils en vue desquels ils ont quitté la mère-patrie, sans la collaboration directe ou indirecte des aborigènes. Leur intérêt bien compris s’accorde avec les sentiments d’humanité pour faire prévaloir, auprès des colons, la méthode de l’entente ou de la solidarité entre blancs et